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14 sept. 2010

La Pampa du Yacuma

Après les trois jours de jungle pure, nous avons fait un tour dans la pampa du Rio Yacuma. La différence entre les deux, est que la pampa est une zone beaucoup plus plane avec une flore plus basse et, en période de pluie, des grandes zones inondées. La pampa du Rio Yacuma est depuis deux ans une zone protégée constituée par la commune de Santa Rosa qui a souhaité maîtriser les activités touristiques sur ce site naturel, mais qui parait être une pratique plutôt rentable qu’autre chose.
Nous, nous l’avons visité en plein cœur de la saison sèche et le site ne se réduit alors qu’au cours d’eau dont la profondeur ne dépasse que rarement 70cm. Tous les animaux (caïmans, capibaras, oiseaux de toutes sortes,…) de la zone s’y entassent pour le plus grand plaisir des touristes, mais sûrement pas pour le leur. En effet le flot incessant des barques à moteur sur ce cours d’eau bien réduit induit plusieurs nuisances pour ces pauvres bêtes que nous ne voyions pas très à l’aise : bruit, pollution de la rivière, mouvement de l’eau.
Dans tout ça nous avons fait une petit « chasse » à l’anaconda pour essayer d’en voir un vivant dans cette période de sécheresse. Nous en avons trouvé un enfoui dans son terrier attendant le retour des pluies.
Cette expérience nous a fait nous poser la question de ce que l’on était venu chercher en venant à cet endroit : voir des animaux que l’on voit normalement au zoo dans leur environnement propre. Oui mais finalement à quel prix pour ces pauvres bêtes !
Au fait que la période de sécheresse ne devrait pas être une période touristique (selon nous), s’ajoute que la zone est aussi mise à mal par l’élevage intensif de bétail pour lequel la faune a été détruite et par la pratique de l’agriculture sur brûlis.

11 sept. 2010

Réserve Naturelle Madidi

Pour Don Lucho, notre guide, la jungle amazonienne s’apparente à ce qui pour nous est un supermarché. Né dans une des nombreuses communautés indigènes qui habitente dans le Madidi, il découpe un bout d’écorce d’un arbre (dont nous ne nous souvenons plus le nom) pour en faire une infusion qui guérit les indigestions. Si tu as soif et qu’il n’y a plus d’eau, il coupe un morceau de liane (dont nous ne nous souvenons plus non plus du nom) à l’intérieur duquel sort un jus excellent qui, en plus de calmer la soif, est apparemment excellent pour la santé. Si des fois tu te perds dans la jungle, il existe un arbre (nommé quecho) qui, si tu le frappe fort au niveau des racines, émet un son très fort qui s’entend à des kilomètres de distance et qui permet de te faire repérer. Si la nuit tombe et que personne n’a pu venir te chercher, les feuilles larges et douces d’un certain arbre peuvent servir de drap pour dormir, ou de parapluie s’il pleut ! Si une fourmi ou une araignée vénéneuse te pique, la sève de l’arbre ochoó ou soliman appliquée sur la piqûre peut réduire l’effet de 90%. Mais seulement une goutte ! Car une quantité plus importante peut être très dangereuse pour l’oganisme. Don Lucho nous a expliqué tout ça pendant qu’on avançait dans la Réserve Naturelle Madidi durant notre trek de 3 jours. Dormir au milieu de la jungle est tout une expérience, les bruits et la sensation d’être en pleine nature sauvage sont impressionnants.Nous avons vu tout plein de types d’oiseaux exotiques, des cochons de la jungle, un chat sauvage, des papillons de la taille de la main et tous les insectes et moustiques que vous pouvez imaginer. Nous n’avons pas eu de chance avec le puma, nous n’avons vu que ses empreintes.
Le dernier jour, nous avons construit un Mashaquipe (radeau) avec des troncs et une corde de caoutchouc avec lequel nous avons redescendula rivière Tuichi, nous baignant et prenant un peu le soleil.
Une riche expérience qui te fait sentir à la fois très fort et en même temps terriblement fragile.

5 sept. 2010

La route de Rurrenabaque

Après la Route de la Mort et nuit passée à Coroico, nous avons pris le car pour rejoindre Rurrenabaque à l’orée du bassin amazonien. Au programme : 16 heures de trajet, des paysages magnifiques, mais aussi des tonnes de poussière et une route bien défoncée !
Du coup le trajet fut assez terrible et la nuit bien longue… Impossible de dormir au fond du car, là où les irrégularités de la route se font le plus ressentir. Un conseil donc : ne jamais prendre les places du fond !
Au retour de Rurrenabaque, on a décidé de changer de stratégie. On n’a pas fait comme beaucoup de touristes qui prennent l’avion entre La Paz et Rurrenabaque et qui est la solution de facilité (trop d’impact sur l’environnement). On a fait un voyage en plusieurs temps avec combi, autostop en 4X4 (trop cool !), et taxi entrecoupé d’une bonne nuit de sommeil. Ce fut plus long, plus cher, mais tellement plus agréable ! On a pu discuter avec le mec qui nous a pris en autostop de son pays et d’Evo Morales (qui n’a pas la même réputation ici qu’en Europe), on devait faire attention que le taximan ne s’endorme pas dans les courbes étroites remontant jusqu’à La Paz tout en faisant un balai de montée/descente des vitres pour éviter que la poussière ne rentre et ne pas crever de chaud.
On est arrivés à bon port à La Paz avec une différence de température d’environ 25ºC avec Rurre.